Houria : l'ange de la liberté

Chez moi, il y a trop de tableaux pour les murs et certains attendent, retournés, dans mon atelier. Celui-ci en fait partie. Je l'avais presque oublié. C'est le portrait d'une vraie personne : Houria, qui a un temps partagé ma vie. Peu de temps. Un autre tableau la représente également sur la fresque en contrepoint : Houria parle à la lune. C'était une fille mystérieuse et pleine de sensibilité, extrêmement gracieuse et touchante. Elle cachait aussi des souffrances et des tourments anciens qui la rongeaient. L'attitude qu'elle prend sur ce tableau la représente parfaitement et je crois que je l'ai bien captée. Qu'es-tu devenue  belle Houria ?

Pour ce tableau, le temps d'une série de photos, Houria a posé devant une statue que le sculpteur clermontois, Jean Camus, a placée en 1905 dans le jardin Lecoq (ou jardin des Plantes) à Clermont-Ferrand. Cette œuvre émouvante, "Byblis pleure" tandis que deux faunes l'épient, semble avec le recul, parfaite pour Houria qui se métamorphose ici en la jeune nymphe Byblis.

Byblis et Caunus sont jumeaux, tous deux nés de Cyanée, la fille de Méandre. Très tôt Byblis éprouve pour son frère un sentiment qui lui semble d'abord légitime, mais qui la dépasse ensuite. Leur mère comprenant le drame qui se joue se résout finalement à les séparer. Byblis part alors à la recherche de Caunus, mais elle comprend très vite qu'elle ne le reverra plus. Alors Byblis pleure, elle qui n'avait jamais pleuré.

Et c'est ainsi que la jeune fille se pétrifie et se change en fontaine.

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