Croismare - La Vezouze, l'église St Léger, la verrerie d'Art Muller Frères

Voici des lustres que mon père m'a demandé une peinture de son village. Il voudrait y voir la rivière qui nous rappelle de nombreuses baignades d'enfance et le clocher de son église.

Pas facile de trouver l'angle d'attaque.

Le village de Croismare, un tout petit village lorrain de rien du tout, a tout de même été le berceau de fabrication de nombreuses pièces d'art Muller Frères, aussi réputés à l'heure actuelle que Lalique, Gallé ou Daum. Il reste encore de belles lampes ou de beaux vases dans les familles, y-compris dans la mienne.

 

Les deux bâtiments principaux de la verrerie ayant disparu, il me fallait trouver des photos ou cartes postales représentant la fabrique à l'époque. Or, à mon étonnement, je me suis aperçue qu'il n'y avait quasiment rien ! Je me suis donc débrouillée avec les rares documents que j'ai trouvés sur internet et le livre de Benoît Tallot Les Frères Muller Maîtres verriers à Lunéville, publié aux Éditions Serpenoise.

J'ai eu la chance de dégoter un dessin, assez lugubre, mais vu les circonstances..., d'un soldat dont la compagnie passa dans les environs de Croismare en novembre 1914. De ce dessin au trait, j'ai tiré la mise en place de mon sujet que j'ai essayé de rendre un peu plus vivant, même si je reconnais que le dessin d'origine a une grande force d'expression dans son dénuement. J'ai également corrigé les approximations en me référant aux plans contenus dans le livre de Benoît Tallot. L'église, par exemple, n'est pas tournée dans le bon sens.

 

Voici donc ce dessin qui n'a d'intérêt, je pense, que pour les habitants du village. L'endroit où se situe l'observateur est très inhabituel car il n'y a aucun chemin pour s'y rendre. C'est vraiment du plein champ.

Extrait du journal d'un soldat en campagne aux alentours de Croismare pendant la guerre de 14-18

À noter qu'à cette époque, la verrerie s'appelait encore Gobelèterie Hinzelin et produisait de fort beaux verres soufflés à la bouche et gravés dont j'ai, ma foi, cassé quelques-uns dans ma jeunesse, à tel point qu'il me reste dans ma famille le sobriquet de "Briseuse de verres".

La taillerie de la gobelèterie Hinzelin, carte postale de 1906

J'ai d'ailleurs un petit secret : ma collection personnelle de bouchons de flacons à parfum, déterrée en jouant à proximité des cités de la fabrique.

Au début de leur aventure (à partir de 1895), les frères Muller (Henri suivi de Désiré) s'installent dans un atelier de Lunéville et travaillent sur du verre qui leur est fourni par la verrerie de Croismare. Ils signent leurs œuvres par l'initiale de leur prénom suivie de Croismare près Nancy. La signature est gravée à la pointe ou à chaud avec un tampon. Ces premiers "Muller" sont très rares et très recherchés ! Ce sont en général des décors floraux gravés à l'acide et/ou à la molette sur du verre multicouche.

 

Formés à Bitche, Henri et Camille Muller quittent la ville après l’annexion de l’Alsace-Lorraine en 1870 et travaillent à Nancy chez Gallé. Leurs frères Pierre, Désiré, Victor et Eugène font leur apprentissage dans la manufacture nancéenne et y acquièrent toutes les techniques verrières. Puis les six frères lancent leur propre production vers 1900 soufflant le verre à Croismare et le décorant à Lunéville. La fabrique rencontre le succès grâce à la complémentarité de la fratrie. De 1905 à 1908, Désiré et Eugène travaillent en Belgique à la cristallerie de Val-Saint-Lambert.

Les créations des frères Muller sont très marquées par le style de Gallé et l’école de Nancy dont ils reprennent l’inspiration naturaliste : oiseaux, papillons, chauves-souris côtoient iris, ombellifères et glycines. Leur technique est celle de la superposition des couches de verres qui sont ensuite gravées à l’acide ou à la roue et permettent de nombreux effets décoratifs. Avant la guerre de 1914, les créations portent généralement la signature de « Muller Croismare ». La mention de Lunéville n’apparaît qu’après.

Rare et imposant vase en pâte de verre gravée époque Art Déco vers 1920 signé en camée Muller Frères Lunéville situé dans le décor.

Épreuve en verre multicouche (triple épaisseur) à décor gravé à l'acide et repris à la roue figurant des Anémones de couleurs mauve violine et rouge lie de vin à feuillages brun sur un fond satiné nuagé à riches couleurs simulant un paysage d'esprit impressionniste. Travail d'une grande finesse à décor toutes faces.

Il mesure 27 cm de haut X 27 cm de diamètre X 85 cm de circonférence.

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Voyage en Italie

Pont du Rialto sur le Grand Canal

République de Saint-Marin

 

San Marino est un tout petit état, perdu au cœur de l'Italie. Cette république indépendante, maintes fois envahie et maintes fois libérée, a la particularité d'être un symbole de liberté. La ville de Saint-Marin, perchée comme un nid d'aigle, tout en haut du mont Titano est accessible grâce à un téléphérique ou bien en auto, mais gare aux épingles à cheveux !

Autant dire qu'il a fallu en monter des escaliers ! Et repartir sous un déluge avec les mêmes épingles à cheveux en descente... Ah la la ! Un premier jour mémorable.

Les îles de Venise

 

Départ  6h00 : quatre heures de route pour atteindre Venise avec les nids de poules, les limitations de vitesse aberrantes, les radars tous les 400 m par moments, les dépassements intempestifs et la priorité au plus pressé. Ouf ! dur apprentissage de la conduite en Italie. Heureusement que mon copilote a fait son boulot (merci à toi copilote).  Après le pont volant, dix étages de parking à gravir en colimaçon et voilà, on y est.

Vingt euros par personne le passe-vaporetto pour la journée, quand même. Alors allons-y pour la totale : d'abord Murano (que des magasins de verre, je suis un peu déçue) et ensuite, quelques îles plus loin, Burano. Là, toujours des magasins (de dentelle pas toujours locale), un peu moins de monde et de très jolies maisons de toutes les couleurs. C'est aussi chaleureux qu'en photo et même plus puisque nous y sommes vraiment. Il fait beau et chaud. La proximité de l'eau est bienfaisante.

 

Venizia : La piazza San Marco

 

En débarquant du vaporetto, quand j'ai vu cette foule aux approches de la Place Saint Marc, j'ai failli reculer. Qu'est-ce que ça doit être en été ? et pendant le carnaval, encore pire... mama mia ! Et puis finalement non, on pouvait circuler et la place, immense, était loin d'être emplie de monde. Des pigeons, bien sûr ! Une japonaise, confiante, me tend son appareil photo pour que je l'immortalise : deux prises, c'est mieux. Tout le monde est euphorique en cet endroit de la planète, il y a véritablement une ambiance sur cette place : un truc de bonheur partagé, on n'a plus envie d'en partir ! Un peu comme sur le Dam, en plus puissant.

Au retour, sur le grand canal, un escalier tournant coincé entre deux petits palais m'évoque une nouvelle d'un auteur vénitien, Renato Pestriniero : « Nodosités ». Deux mondes parallèles se rencontrent et font des nœuds, sur l'escalier précisément. Le narrateur passe d'un monde à l'autre sans savoir ce qui l'attend... Venise au-delà du miroir... Venise et ses mystères que je découvrirai une prochaine fois sans doute, car là, je les ai à peine effleurés. Oui, même si mes photos ressemblent aux cartes postales... rien n'est comme je l'avais imaginé. Il y a tellement de dimensions supplémentaires : tout est vraiment... magique !

Ravenne : capitale de la mosaïque

 

Aujourd'hui, les visites se font en intérieur. Il y a tellement de choses somptueuses à voir dans cette ville que maintenant, je m'y perds parmi mes photos. Voyez donc : sept basiliques, cinq musées, trois mausolées, une crypte, deux baptistères, un palais... et tout ça recouvert de fines mosaïques à la feuille d'or qui me rappellent parfois celles que j'ai vues au Musée du Bardo en Tunisie (forcément, elles sont romaines aussi !).

Les photos ci-dessous proviennent essentiellement de la basilique de Saint Vital qui m'a grandement impressionnée de par son architecture byzantine où les colonnes, les voûtes, les fenêtres et les mosaïques s'allient dans un ensemble d'une beauté à couper le souffle.

J'ai aussi aimé le mausolée de Galla Placidia et ses fines mosaïques blanc, bleu et or (couleurs du divin) rehaussées d'une pointe de rouge, les sarcophages magnifiquement sculptés ici ou là et toutes sortes d’œuvres d'art dont je ne peux faire le compte ici.

Ravenne est également la ville de Dante Alighieri qui a sa rue, son théâtre, son musée (dans un splendide cloître franciscain aux lignes épurées) et son tombeau que j'ai trouvé relativement modeste en regard des splendeurs alentour.

 

Une conclusion s'impose : je ne connaissais pas l'Italie, mais le peu (et beaucoup à la fois) que j'en ai vu et ressenti pendant ce court voyage m'a donné une furieuse envie d'y retourner bientôt. La langue est tellement chantante que je veux absolument en apprendre un peu plus puisque j'ai la chance d'avoir des interlocuteurs bilingues "sous la main" si je puis dire, les italiens sont gentils et accueillants, la cuisine savoureuse et les œuvres d'art sont partout. Allora, a presto l'Italia!

Ce portail fait le lien entre le palais des Doges et la basilique Saint Marc

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Maroc et autres croquis

    Un autre carnet avec quelques dessins lors d'un voyage au Maroc en 2005. Je n'ai pas tenu bon pour le carnet de voyage cette fois-là. J'étais en compagnie et la compagnie ne supportait guère que je m'isole pour travailler, donc, j'ai fait un choix !

    Ensuite, divers croquis dont certains sur papier de riz pendant ma période peinture chinoise. Ils sont plus veloutés, plus doux. Le papier y est pour beaucoup. C'est un papier extrêmement absorbant qui n'autorise ni la lenteur ni le geste imprécis. Beaucoup de rigueur et de concentration sont nécessaires mais les progrès sont foudroyants.

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Mon carnet d'Egypte

    Ce périple en Egypte eut lieu en 2009, un peu avant le printemps arabe. Je voyageais avec ma soeur Anne. En première partie, se déroulait une croisière sur le Nil avec des visites de temples, beaucoup de temples, et comme guide, un égyptologue. Autant dire que ce fut passionnant. La deuxième partie, un trek au désert dans des 4X4 avec chauffeurs basés à l'oasis de Bahariya se révéla incroyable, inouie, l'aventure comme je l'avais déjà vécue au Sahara, le désert noir, le désert de cristal et le désert blanc, un des plus beaux et des plus réputés au monde.

    Durant tout le voyage, je me suis trouvé chaque jour des moments pour remplir mon carnet de mes impressions sur le vif. Cette partie écrite m'est réservée ainsi qu'à mes amis. Des aquarelles que vous voyez ci-dessous, certaines ont été réalisées avant le voyage, lors de sa préparation, la plupart pendant le voyage et donc très vite, ce qui oblige à ne garder que les traits forts, comme on fait pour la BD, quelques unes enfin, dans l'avion du retour ou pendant les quelques jours suivants d'après souvenirs ou photos.

    Le carnet de voyage est un choix qu'il faut assumer, car il oblige à travailler pendant que d'autres s'amusent. Mais ensuite, le voyage est toujours là, toujours vivant et cela m'a fait un choc de relire ce carnet après sept années. Voilà pourquoi je publie ces dessins aujourd'hui. 

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J'aime soutenir mes amis artistes

    Voici mon carnet journalier où je note mes idées, mes projets, mes anecdotes, mes esquisses et les mille choses que j'ai à faire. Il est beau n'est-ce pas ?

    Eh bien voilà ! Il a été entièrement réalisé à la main, y-compris la confection des carnets cousus, le massicotage et la reliure façon copte par une artiste voyageuse et poète qui s'appelle Chantal Bossard.

 

    Le stylo plume, quant à lui a été tourné dans du bois de cerf américain (sambar) par Petit-Thom, qui réalise toutes sortes de stylos, et d'autres objets, dans des bois rares ou étonnants comme de la pomme de pin maritime par exemple. Cette association avec un graveur qui a su magnifier la texture unique du bois de cerf est une expérience à renouveler.

 

La gravure de l'indien, en scrimshaw a été réalisée par un maître en la matière, Meilleur ouvrier de France, qui s'appelle Christian Camboulives.

 

   Des idées de cadeau ou un regard admiratif simplement, pour ceux d'entre vous qui aiment les beaux objets utiles et inspirants.

 

   Je pense même qu'on pourrait demander à Chantal de nous créer un livre d'or pour nos Aventuriales. (clin d’œil à l'attention de Domi, la trésorière)

 

    J'illustre ici les mystérieuses stryges que Nathalie Henneberg, grand auteur fantastique (entre autres), relie à l'univers originel de la démone Lilith. Le texte est de mon cru aussi.

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Et si je ne les retrouve pas...

 

    Ce matin, comme tous les matins, je sors avec ma chienne, ferme la porte de chez moi et glisse la clé dans le mousqueton de la laisse, comme d'habitude. Depuis un bon moment, je ne fermais plus la porte après avoir perdu les clés sur le puy. Flair ou chance, je les avais retrouvées juste à l'endroit ou Lilou s'était arrêtée. Et puis on m'avait dit « Tu es folle ou quoi de partir la porte ouverte ? » et j'avais de nouveau fermé à clé.

 

 

    Vers le haut du chemin, juste avant le virage qui amène à la Croix du Regardant, Lilou se met à l'arrêt : c'est Noisette, la vieille chienne des deux mamies blues qui pointe son nez. Acariâtre elle est devenue, Noisette, dure à la dent. Alors j'attache Lilou et tiens ma droite pendant que nous nous croisons en tenant nos bêtes.

 

   Là-haut, au point de vue, une table et deux bancs attachés tout ensemble nous invitent à faire une pause. C'est toujours là que je monte debout sur la table tandis que Lilou se roule dans la rosée. Elle est heureuse, ça se voit !

      Et puis ma foi, il faut bien redescendre. J'ai rendez-vous chez le kiné à 9 heures et il est bien moins le quart déjà. Je n'ai pas l'intention d'arriver en retard vu que la séance ne dure qu'une demi-heure.

- Allez Lilou, on ne traine pas !

       Madame se fait prier. Comme tous les jours, elle ne veut pas rentrer. Ben oui, ses copines et ses copains trainent dehors toute la journée alors, pourquoi pas moi ? doit-elle se dire. Je suis obligée de la rattacher et de tirer pour lui faire traverser la rue.

       On est devant la porte. Comme elle ne veut plus avancer, je la détache. C'est alors que :

- Merde ! les clés... où sont les clés ?...

C'est malin, je n'ai plus qu'à retourner là-haut.

       Je m'en retourne donc, penaude, en regardant par terre. Lilou saute de joie comme un caniche.

Quoi ? une deuxième promenade, c'est trop cool.

J'arpente le replat du puy dans tous les sens, mais rien à faire, pas la moindre étincelle de clé.

J'ai dû mal regarder en bas, elles sont sûrement tombées devant la porte.

      Derechef, nous voici en bas. Toujours rien. Le revêtement goudronné est uniformément gris. Mais c'est que je commence à geler moi. Je suis partie avec une petite veste pour une courte promenade et la demi-heure du kiné est déjà passée à l'horloge de l'église.

Récapitulons : pas de clés de secours sur place chez un voisin ni caché quelque part, pas de téléphone ni aucun numéro en tête d'ailleurs, pas de clés de voiture non plus. La situation n'est pas brillante.

Si je dois attendre que mon ami Christian rentre du boulot à 15h et faire 2 km à pieds pour aller chercher mon double de clés chez lui, à La Roche Blanche, je ne vais même pas pouvoir aller travailler.  Rien à faire, il n'y a qu'une solution : retrouver celles que j'ai perdues !

      Et c'est parti pour une troisième promenade avec Lilou qui ressaute de joie.

- Arrête de faire le caniche, tu m'énerves ! C'est que je ne suis pas joyce et je me caille en plus.

     Une petite dame que je connais me rejoint avec sa chienne.

- Qu'est-ce qui vous arrive, vous avez perdu quelque chose ?

- Mais oui, mes clés !

- Oh la la, ma pauvre, je vais vous aider à chercher.

Et nous voilà toutes les deux, le nez par terre, dans un sens, dans l'autre. Nada !

- Mais je ne vais pas vous laisser dehors, à l'abandon, dans le froid. Ma chienne laissera bien rentrer la vôtre. Et si vous avez besoin, je vous prête ma voiture, il faut bien s’entraider entre voisins.

- Oh, vous êtes mignonne tout plein, je vous remercie beaucoup.

      À ce moment, sûre que je n'étais pas montée aussi haut mais ragaillardie par cette démonstration d'humanité, j'élargissais mon champ de recherches. 

- Regardez, elles sont là !

Elles trônaient au milieu du chemin, bien à la vue les coquines, arborant leur cœur rose marqué "petits plaisirs".

- Vous m'avez porté chance avec votre gentillesse, parce que là, je ne sais pas trop comment j'aurais fait.

- Je suis sûre que vous n'aurez jamais été aussi heureuse de rentrer dans votre maison.

- Certainement, et je crois même,  frigorifiée comme je suis, que je vais m'offrir un deuxième petit déjeuner.

   Quant à Lilou, elle n'avait rien compris du tout à cette histoire de clés et ne songeait qu'à profiter de son surcroit de liberté.

Et moi qui comptait sur son flair. Tu parles, Charles !

  * Ne pas oublier :

- laisser une clé quelque part

- retenir un numéro de téléphone par cœur,  au moins un  :-)

 

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Chroniques des Aventuriales

Jeudi 24 septembre 2015

 

Avec l'arrivée des premiers invités : Cassandra O'Donnell et Philippe Caza, un premier repas est prévu à notre QG de Gandahar, le Bistrot Vénitien. Très vite, la tablée de onze personnes se partage en deux pôles : d'un côté les écrivains et de l'autre les peintres illustrateurs. Nous avons également avec nous Michaël Thomazo, grand gaillard aux magnifiques bottes steampunk et bagué d'une tête de mort, charmant et spirituel au demeurant, un vrai boute en train ! Avec Michel Bassot en face, et Gaëlle au tempérament de feu, Nathalie qui a laissé son mari à l'autre bout de la table, autant dire que ça rigole beaucoup de notre côté. Le service est un peu long, ce qui nous permet de lier connaissance et de bien discuter avant de déguster les spécialités de notre restaurant préféré. Ensuite, un petit tour à pieds par le centre de Clermont-Fd avant de rejoindre nos autos respectives.
La soirée se poursuit chez Michel qui habite à un km de chez moi. Nous sommes cinq et nous discutons de tout devant un petit verre mais beaucoup de peinture et d'illustration bien sûr. Philippe Caza regarde les curiosités sur les étagères de Michel et Mickaël déclare qu'il adore être logé dans un musée de la peinture. À deux heures et demie, il est temps de regagner nos pénates. Le chemin du voisin vient d'être goudronné et je préfère éviter celui de Michel, plein de nids de poules. Mal m'en prend car des barrières oranges m'arrêtent soudain... Gaëlle s'inquiète un peu :

─ Je t'ai fait des appels de phare pour te prévenir mais tu n'as pas compris. Tu vas y arriver ou tu veux que je le fasse ?

─ C'est bon, j'y arriverai bien !
Mais l'affaire n'est pas facile et je suis obligée de me payer tout le chemin en marche arrière en rasant le mur de peur de tomber sur l'autre voie en contrebas... et je ne sais pas comment, sur un petit nuage, je finis par arriver chez moi !

 

Vendredi 25 septembre 2015

 

Vernissage de l'exposition Caza au Château de Bezance, dans le parc de la mairie de Romagnat.

La salle est extra car elle bénéficie de la lumière extérieure par ses grandes baies vitrées et d'un rail de spots qui éclairent chaque tableau. Philippe le fera remarquer dans son petit discours qui suit ceux de la représentante du Maire et de Michel Bassot  (Jean-Pierre Fontana, le grand patron, est parti à l'aéroport pour accueillir Rosa Montero, la marraine de notre festival). 
Voir les originaux qui ont servi à imprimer nombre de couvertures de livres est assez émouvant. Je remarque notamment celle de "Cap sur Gandahar". Attitudes campées d'un trait sûr...gouache et acrylique... modelage des formes avec de nombreux petits traits fins déterminent ce style inimitable du Maître... qui tend maintenant, avec une expérience de quelques cinquante années, à vouloir simplifier et tout dire dans le trait. 

Premières rencontres : Krystal Camprubi que j'ai déjà croisée au festival Chimeria de Sedan, Lohran qui a réalisé la couverture du n°4 de Gandahar, avec toutes les couleurs de sa petite famille, Michel Pagel dont je viens de lire "La sirène de l'espace"...

Un petit verre qui m'est servi par Jim H. Strippers des Hell Strippers, un jeune groupe de Rock que j'ai vu au Baraka... Mais brisons là, le côté musique, c'est une autre histoire !

 

Samedi 26 septembre 2015


Arrivée de mon cousin Laurent (un de nos contributeurs Ulule) et de son fils, ainsi que de Thelma et Idriss qui font partie de nos bénévoles. On charge les cinq cartons de revues Gandahar dans l'auto et hop, tout le monde aux Aventuriales !

Quand on arrive, il y a déjà pas mal de monde qui s'active pour donner les dernières touches à son stand. L'installation a été faite le vendredi par ceux qui ont pu se libérer et la mairie de Ménétrol a également envoyé de la main d'oeuvre. En plus des livres sur les tables, chacun a tout fait pour donner de la couleur avec des affiches dont certaines sont très grandes. Mmmm ! Je prends des idées de déco. pour plus tard... Luce et Domi ont déjà bien fait les choses car le stand de Gandahar est presque prêt. Maintenant, nous attendons les clients de pied ferme !

Il est dix heures passées et le monde commence à arriver. Mon ami Didier que j'ai invité pour l'inauguration est l'un des premiers visiteurs. Il va faire dédicacer son "Cap pour Gandahar", pioché dans sa bibliothèque, par notre ami Caza et me le confie pour que je fasse compléter le dessin par un mot de Jean-Pierre Andrevon. Il repart ravi avec un sac plein de livres :

─ Figure-toi que j'ai trouvé un Ursula Le Guin que je ne connaissais pas ! 

Et il n'est pas le seul à repartir avec des livres. Nos visiteurs ont envie de parler, de partager et le contact passe très bien. L'ambiance est positive, on sent que des liens se nouent, on voit des sourires, on entend des rires.

─ Alors, comment ça va ?

─ Oh, c'est vous ?

Mes deux chouchous arrivent : Jean-Pierre Andrevon et Bruno Pochesci, Bruno le rigolo. Il traînera tout le weekend avec un auteur de l'Ivre Book : Romain Billot et ne restera pas 5 mn à sa place. Cela me permettra de causer un peu avec son compère Andrevon d'un projet de numéro pour Gandahar.

Je passe la main sur le stand le temps d'assister à une table ronde :"La science-fiction anticipe t'elle la science ?" avec des auteurs qui travaillent également dans le domaine scientifique, Jean Rébillat, par exemple intervient sur des fusées, dans une société qui anticipe le tourisme de l'espace. Nous avons également une spécialiste de la robotique avancée : Eva Simonin. Quelqu'un me dira ensuite que c'est un des débats les plus intéressants parmi tout ce qu'il a vu.

Les Gandahar se vendent bien. Une institutrice, par exemple, a envie d'autre chose pour ses élèves que le programme imposé. je lui conseille les 24h de la nouvelle qui est varié et très abordable avec quelques textes bien amusants. 

Jean-Pierre Fontana chouchoute ses invités et affiche un sourire de joie pure. Je le verrai cinq minutes dans la journée, le temps d'une photo. Je vois courir Luce et Domi qui, de temps en temps, s’arrêtent vers moi puis repartent de plus belle pour récupérer des lots pour la tombola ou tout autre chose. Bernard et Philippe mitraillent à tout va. Je n'ose imaginer le nombre de photos à trier ensuite. Toutes les heures André Woodcock prend le micro pour annoncer une conférence ou une table ronde. Franck apparaît de temps en temps. Axelle surveille les tickets d'entrée.

─ Alors, combien ?

C'est la panique à la buvette, Nathalie et Geoffrey sont vénères : à la suite d'un quiproquo, on a inversé les billets blancs et les billets jaunes pour les repas. Aie ! Aie ! Aie !

Y a de l'ambiance, je vous le dis ! La fin de journée arrive à toute allure et on a vraiment l'impression qu'on ne l'a pas vue passer, mais tout le monde affiche une mine réjouie et d'ores et déjà, on sait que ce festival est réussi.

 

Dimanche 27 septembre 2015

 

Cette fois-ci, nous arrivons plus décontractés, le terrain est balisé. Un petit café dans un écogobelet Caza pour commencer pendant qu'en face les jedis se préparent et hop, à l'attaque !

Je profite d'un moment où ce n'est pas encore la foule pour faire mon petit marché. Hier c'était surtout Caza et Andrevon, aujourd'hui ce sera Rosa Montero et Michel Pagel et puis oh ! Jean-Luc Marcastel présente si bien son "Louis le Galoup" que je ne résiste pas. C'est un très beau livre, dédicacé à la plume callygraphe, avec des illustrations de personnages à la fin et même des recettes de cuisine. Mon cousin le feuillette un moment et ne résiste pas, lui non plus. Attachée à vendre mes revues, tout comme les auteurs cloués à leur stand, je n'aurai pas l'occasion de voir le défilé des cosplayers ni la démonstration des combats de jedis, mais lors d'un trop bref passage en salle de conférence ("Le réchauffement climatique", avec notre députée Danielle Auroi, qui a bien contribué à la naissance des Aventuriales, elle aussi), je peux constater que les spectateurs sont venus nombreux.

Je salue ici l'illustrateur Lohran qui, pendant deux jours, a offert aux visiteurs des dessins originaux, juste pour faire de l'animation. Il a eu un franc succès et je suis très fière d'avoir deux de ses dessins, dont un composé spécialement pour moi (♥)

La journée se termine avec un concert Andrevon/Pochesci, juste deux guitares et une voix, un concert quasiment privé puisque nous ne sommes guère plus d'une vingtaine. Ensuite nous allons à pieds au restaurant "En attendant Louise" qui a servi de cantine à toute la troupe pendant les deux jours.

─ Mais regarde-les s'embrasser, ça n'en finit pas ces adieux me dit Jean-Pierre Andrevon sur la terrasse.

Il me jette un coup d’œil (j'ai éclaté de rire)  et renchérit :

─ Ben oui, qu'est-ce que veux, je suis comme ça ! 

 

En résumé, je suis bien consciente d'être passée à côté d'auteurs parfaitement dignes d'intérêt, de les avoir loupés, si je puis m'exprimer ainsi mais les contacts que j'ai eus étaient très chaleureux et tout le monde autour de moi semblait heureux d'être là. Alors... à la prochaine ma foi !


Ci-après un condensé de photos dont certaines sont les miennes et d'autres "empruntées" sur Facebook et différents blogs parmi les nombreux témoignages enthousiastes. « Un premier salon cultissime » dira Romain Billot.

 

 

 

 

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Un petit tour à Bordeaux


D'abord, nous décidons d'aller vers les quais, puis dans la ville où nous rencontrons la Gay Pride. 
Le lendemain, entre le bassin d'Arcachon et l'océan, la pointe du Cap Ferret est encore sauvage avant l'été.


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Gandahar aux Imaginales

 

Du 28 au 31 mai 2015 a eu lieu la 14e édition des Imaginales d'Épinal... dans les Vosges, bien entendu !

 

À cette occasion, notre revue Gandahar était présente pour la première fois, très gentiment accueillie par ses partenaires et amies, les revues Etherval et Galaxies Science-fiction.

 

Voici un album photos un peu plus complet que celui de ma page Facebook.

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